Kemicha Law Firm

Responsable d’entreprise consultant des factures impayées dans un entrepôt pour le recouvrement des créances commerciales en Tunisie.

Recouvrement des créances commerciale en Tunisie : de la mise en demeure à l’exécution

Recouvrement de créance commerciale en Tunisie : de la mise en demeure à l’exécution

Lorsqu’une facture reste impayée malgré la livraison d’un bien ou l’exécution d’une prestation, le créancier doit d’abord vérifier si la dette peut être établie de manière suffisamment précise. Le recouvrement des créances commerciales ne dépend pas uniquement de l’existence d’une facture. Il suppose aussi de pouvoir démontrer l’accord entre les parties, l’exécution des obligations du créancier, le montant réclamé et la date à laquelle le paiement est devenu exigible.

Quels documents permettent le recouvrement des créances commerciales ?

Un dossier solide doit présenter de manière claire l’origine de la créance. Le créancier doit être en mesure d’expliquer pourquoi la somme est due, à quelle opération elle correspond et pourquoi elle reste impayée.

Le contrat et les documents de commande

Le contrat peut fixer le prix, les délais de paiement, les conditions de livraison, les obligations de chaque partie et les modalités de règlement des différends. Il peut être complété par des devis acceptés, des bons de commande, des avenants ou des conditions générales.

L’absence d’un contrat unique signé n’empêche pas toujours le recouvrement des créances commerciales. La relation entre les parties peut aussi être démontrée par un ensemble cohérent de documents : échanges de courriels, commandes, factures, bons de livraison ou procès-verbaux de réception.

Lorsque le paiement est garanti par une caution ou une garantie à première demande, il faut également vérifier les conditions prévues par les garanties bancaires dans les contrats commerciaux. Leur mise en œuvre peut être distincte de l’action engagée contre le débiteur principal.

Les factures et les preuves d’exécution

Une facture indique le montant réclamé, mais elle ne suffit pas toujours à démontrer que la prestation a été exécutée ou que la marchandise a été acceptée. Il est donc utile de conserver les bons de livraison signés, les rapports d’intervention, les confirmations de réception et les échanges portant sur la conformité du service.

Le recouvrement des créances commerciales repose souvent sur plusieurs éléments qui se complètent. Une facture appuyée par une commande, une preuve de livraison et un courriel de validation présente généralement une base plus solide qu’une facture isolée.

La reconnaissance de dette et le paiement partiel

Le débiteur peut reconnaître la dette dans un courriel, un accord d’échelonnement ou un procès-verbal de réunion. Une demande de délai ou le paiement d’une partie du montant peut également être pris en compte.

Comment engager le recouvrement des créances commerciales par une mise en demeure ?

La mise en demeure formalise la demande de paiement après vérification du montant, de l’échéance et de l’identité du débiteur. Elle peut rappeler les factures impayées, le solde dû et fixer un délai avant toute procédure. Si la dette est reconnue, un échéancier écrit peut être envisagé, sans prolonger inutilement les discussions lorsque la situation financière du débiteur se dégrade.

Quand choisir l’injonction de payer ou l’action judiciaire ?

Le choix de la procédure dépend surtout de la clarté de la créance et des contestations soulevées par le débiteur.

L’action en paiement

L’action en paiement permet au juge d’examiner les documents, les arguments du créancier et les défenses du débiteur. Elle peut être nécessaire lorsque le litige implique une expertise, une demande de compensation, une demande reconventionnelle ou une question de responsabilité contractuelle.

Le recouvrement des créances commerciales relève alors plus largement du contentieux commercial et de l’arbitrage en Tunisie, sans pour autant se confondre avec l’ensemble des litiges commerciaux.

La présence d’une clause d’arbitrage

Avant toute action devant les juridictions tunisiennes, le contrat doit être relu pour vérifier s’il contient une clause d’arbitrage. Une clause d’arbitrage dans un contrat commercial peut imposer que le litige soit soumis à un tribunal arbitral plutôt qu’à une juridiction étatique.

Comment poursuivre le recouvrement des créances commerciales après une décision ?

Après l’obtention d’un jugement ou d’une ordonnance, le créancier doit vérifier que la décision est exécutoire et régulièrement signifiée. En l’absence de paiement, l’huissier de justice peut engager les mesures prévues par la loi, notamment une saisie. L’efficacité du recouvrement dépend toutefois de l’existence d’actifs disponibles et des droits déjà détenus par d’autres créanciers. 

Quelles saisies peuvent soutenir le recouvrement des créances commerciales ?

Selon le titre détenu et les actifs identifiés, le créancier peut envisager une saisie conservatoire pour empêcher la disparition de certains biens, une saisie de matériel, de véhicules ou de marchandises, ou encore une saisie entre les mains d’une banque ou d’un client du débiteur. Chaque mesure reste soumise à des conditions précises, aux droits des tiers et à une appréciation de son coût, de sa durée et de son efficacité probable. 

Que devient la créance lorsque le débiteur est en difficulté ?

L’ouverture d’une procédure de sauvetage, de règlement judiciaire ou de faillite peut suspendre certaines poursuites et modifier les modalités de recouvrement. Le créancier doit alors vérifier la date de sa créance, déclarer les sommes dues dans les délais applicables et produire les contrats, factures, garanties ou décisions qui les justifient. 

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